En milieu hospitalier, le traitement de l’air dépend du risque de transmission et du type de soins
Les exigences aérauliques d’un bloc opératoire, d’une chambre d’isolement, d’une unité accueillant des patients immunodéprimés et d’un bureau administratif sont différentes. Les systèmes de ventilation doivent contribuer à la qualité de l’air, au confort thermique et à la prévention des infections associées aux soins. Leur conception ne peut pas être déduite d’une catégorie générique « hôpital ».
Une analyse menée conjointement par la prévention des infections, les équipes de soins et les services techniques doit identifier les patients à protéger, les agents susceptibles d’être transmis par l’air, les activités, les locaux adjacents et les conséquences d’une perte de ventilation.
Une pression positive vise à protéger un local contre l’air voisin ; une pression négative sert à contenir l’air potentiellement infectieux d’un local. Le sens des flux ne doit jamais être inversé sans étude spécialisée.
Référence : CDC — contrôle de l’air dans les établissements de santé.
Chambres d’isolement, secteurs protégés et blocs opératoires
Isolement pour infections à transmission aérienne
Une chambre d’isolement respiratoire doit limiter la sortie de contaminants vers le couloir : le principe repose sur un flux dirigé vers la chambre, une enveloppe adaptée, une extraction contrôlée et une surveillance des pressions. Le rejet et l’éventuelle filtration de l’air exigent une conception conforme aux référentiels applicables au site.
Environnement protecteur pour patients vulnérables
À l’inverse, certains secteurs accueillant des patients très immunodéprimés recherchent une protection contre les contaminants provenant des espaces voisins, avec filtration efficace de l’air entrant et pression positive. Un local qui devrait cumuler protection du patient et isolement infectieux réclame un dispositif particulièrement étudié : une simple inversion de pression n’est pas une solution sûre.
Blocs opératoires et secteurs interventionnels
La qualité de l’air dépend de la nature des interventions, de l’occupation, des sources de contamination, de la maîtrise des flux et du maintien des performances en fonctionnement. L’exigence de filtration, les régimes aérauliques et les essais de réception doivent être fixés selon les normes et recommandations applicables au pays et au type de salle. Il n’existe pas de nombre de renouvellements d’air universel pour toutes les zones d’un hôpital.
Références : CDC — recommandations environnementales ; CDC — précautions d’isolement.
Quels critères documenter avant de choisir les équipements ?
Une centrale de traitement d’air peut intégrer filtration, chauffage, refroidissement et régulation, mais son architecture doit être compatible avec la séparation des secteurs. La filtration particulaire ne remplace pas une gestion correcte des mouvements d’air ; les systèmes mobiles d’épuration ne doivent pas être utilisés pour contourner les exigences d’une chambre d’isolement.
Dans les zones sensibles, il faut prévoir les points de mesure pertinents, la fiabilité des sondes, la gestion des accès et la coordination des interventions de maintenance avec les équipes de prévention des infections.
Surveillance des pressions, maintenance et travaux hospitaliers
La réception doit documenter les débits, pressions, sens de circulation de l’air, intégrité des installations et résultats d’essais correspondant au cahier des charges. La surveillance opérationnelle sert ensuite à détecter les dérives avant qu’elles ne compromettent la fonction du local. La périodicité des contrôles dépend des exigences du secteur et du référentiel choisi.
Les travaux, modifications de cloisonnement ou changements de filtres peuvent perturber la ventilation. Ils doivent être anticipés par une évaluation des risques infectieux et une coordination entre les intervenants, les services techniques et l’équipe d’hygiène. Les poussières de chantier représentent un enjeu particulier pour les patients vulnérables.
Réunissez les fonctions des locaux, les plans de circulation, les objectifs de prévention des infections, les systèmes existants, les relevés aérauliques et les contraintes de continuité des soins. La conception et sa validation relèvent de professionnels spécialisés en génie hospitalier et prévention des infections.


