Habitat

Polluants de l’air intérieur : les identifier et agir

Identifier les polluants du logement, interpréter les mesures et agir sur les sources et la ventilation.

01 · IDENTIFIER

Qualité de l’air intérieur : quels polluants trouve-t-on chez soi ?

La qualité de l’air intérieur dépend des émissions produites dans le logement, des polluants provenant de l’extérieur et du renouvellement de l’air. Les sources peuvent être ponctuelles, comme la cuisson ou des travaux, ou persistantes, comme certains matériaux et une infiltration d’humidité. Un logement sans odeur désagréable n’est pas nécessairement exempt de pollution : tous les contaminants ne se détectent pas à l’odorat.

Les particules fines peuvent notamment provenir de la cuisson, de la combustion et de l’air extérieur. Les composés organiques volatils (COV) peuvent être émis par certains solvants, produits ménagers, peintures ou éléments d’ameublement. Le monoxyde de carbone, gaz toxique sans odeur, résulte d’une combustion incomplète ; une suspicion d’intoxication impose de quitter les lieux et d’appeler les secours. Le radon, gaz radioactif naturel provenant du sol, constitue un autre risque dans certains bâtiments et ne se détecte que par des mesures adaptées. Enfin, un excès d’humidité peut favoriser les moisissures.

Illustration des différentes sources de pollution de l’air dans un logement
À retenir

Pour améliorer durablement l’air d’un logement, identifiez d’abord les sources, réduisez les émissions et assurez un renouvellement d’air adapté. Un purificateur peut compléter ces mesures pour certains polluants, mais ne les remplace pas.

Pourquoi la pollution intérieure mérite-t-elle une attention particulière ?

Le temps passé dans des espaces clos favorise des expositions répétées. L’ADEME souligne que les produits utilisés dans le logement, le mobilier, les activités quotidiennes et les infiltrations d’air extérieur peuvent contribuer aux pollutions intérieures. Les effets varient selon la substance, la dose, la durée d’exposition et la sensibilité des occupants ; les irritations ressenties ne suffisent pas à identifier un polluant précis.

02 · OBSERVER ET MESURER

Comment évaluer la qualité de l’air d’un logement ?

Commencez par observer les sources : chauffage et cuisson, tabac, produits odorants, travaux récents, traces de moisissures et fonctionnement de la ventilation. Les appareils grand public peuvent fournir des indications de tendance, mais leur exactitude et leurs interférences varient. Un relevé de CO₂ peut renseigner sur le confinement d’une pièce occupée dans certaines conditions ; il ne mesure ni les COV, ni les particules, ni le monoxyde de carbone, et ne constitue pas un score global de qualité de l’air.

01Sources et activitésCuisson, chauffage, produits utilisés, matériaux, tabagisme et périodes d’occupation.
02Mesures utilesTempérature, humidité, CO₂ indicatif et, si nécessaire, mesures ciblées d’un polluant identifié.
03Ventilation et bâtimentEntrées d’air, extraction, entretien, condensation et environnement extérieur.

Les repères d’hygrométrie aident à interpréter les relevés. Un hygromètre aide à documenter l’humidité dans la maison. Les mesures de radon exigent un dispositif spécifique et un protocole approprié. Pour un risque de combustion, utilisez les équipements de sécurité prévus pour cet usage : un moniteur de qualité de l’air généraliste ne remplace pas un détecteur de monoxyde de carbone conforme et correctement installé.

03 · AGIR

Quelles actions améliorent réellement l’air intérieur ?

Réduire les pollutions à la source

Évitez la fumée de tabac dans le logement, limitez les produits parfumés et les pulvérisations inutiles, suivez les consignes des produits de nettoyage et privilégiez les matériaux à faibles émissions lorsque c’est possible. Pour la cuisson et les appareils à combustion, veillez au bon fonctionnement des équipements et à l’évacuation des fumées. L’OMS rappelle l’importance de solutions de cuisson et de chauffage moins polluantes.

Entretenir la ventilation et aérer selon les conditions

Les entrées d’air et bouches d’extraction ne doivent pas être obstruées. Entretenez les équipements prévus dans le logement et aérez après les activités émettrices, en tenant compte des conditions de pollution extérieure et des alertes locales. Une ventilation insuffisante peut favoriser l’accumulation d’humidité et d’autres polluants, mais ouvrir une fenêtre ne remplace pas la réparation d’une installation de combustion dangereuse.

Choisir un traitement complémentaire adapté

Un purificateur d’air doté d’une filtration appropriée peut réduire les particules en suspension ; son efficacité sur les gaz et les odeurs nécessite des technologies spécifiques. Un déshumidificateur agit sur l’eau présente dans l’air, tandis qu’un humidificateur en ajoute : ni l’un ni l’autre n’élimine à lui seul les polluants chimiques. Si des moisissures sont visibles, consultez le guide sur les moisissures des murs et corrigez leur source d’humidité.

Ce guide propose une démarche générale pour l’habitat et ne remplace ni une analyse de laboratoire, ni un diagnostic de ventilation, ni une intervention urgente en présence d’un gaz toxique ou d’un appareil à combustion défectueux.